Enseignement religieux : A Porokhane, le centre Mame Diarra suscite des vocations

  • Source: : Le Soleil | Le 28 août, 2017 à 19:08:55 | Lu 2607 fois | 6 Commentaires
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Enseignement religieux : A Porokhane, le centre Mame Diarra suscite des vocations

Le centre Mame Diarra de Porokhane est un symbole pour les homonymes de la mère de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme. Située à 8 kilomètres de Nioro, il héberge 450 jeunes âgées de 07 à 16 ans. Leur particularité : elles portent toutes le prénom de Mame Diarra. 

A Porokhane, tout renvoie à Mame Diarra Bousso. Cette localité nichée au cœur du Rip, dans le Saloum profond, est connue pour être la ville où est enterrée Mame Diarra Bousso, la mère du fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba. Le mausolée de la sainte est un lieu de convergence et de pèlerinage qui, chaque jour, reçoit des dizaines de fidèles musulmans pour des prières et recueillements. La renommée de cette bourgade est ainsi liée à Mame Diarra Bousso. C’est pourquoi, tout y renvoie à la mère du fondateur du mouridisme à Porokhane. En dehors de son mausolée, le centre d’éducation et de formation des jeunes filles qui porte son nom est aussi un des symboles de Porokhane, la sainte. Pour fréquenter ce centre, il faut porter le nom de la mère Cheikh Ahmadou Bamba. Ainsi, « elles s’appellent toutes Mame Diarra. Il suffit seulement de prononcer le nom pour que toutes les filles du centre vous regardent », plaisante le gardien de ce centre d’accueil et d’éducation des jeunes filles. Le directeur général du centre, Madyana Diakkaté, a indiqué que pour distinguer les filles qui ont le même nom de famille, l’on ajoute dans leurs prénoms les noms de leurs papas.

Dans l’imposant centre qui se distingue dans la ville de Porokhane, quelques unes des adolescentes jouent dans la cour au milieu des bâtiments. Porokhane, qui reçoit chaque année des milliers de fidèles mourides et musulmans pour la commémoration de la naissance de Mame Diarra, est à moins d’une dizaine de kilomètres de Nioro, la capitale de l’ancienne province historique du Rip. Pour rallier Porokhane à partir de Nioro, il faut traverser les immenses champs de mil, d’arachides, entre autres, qui servent de bordure à la route. En cette période d’hivernage, la verdure de la végétation est un bon compagnon de route pour le voyage vers Porokhane. Après quelques minutes de trajet en moto, nous entamons notre discussion avec le maitre des lieux Madyana Diakhaté, directeur général du centre Mame Diarra.

450 Mame Diarra

Daaras Mame DiarraDans une visite guidée, il fait visiter plusieurs bâtiments du centre. Après cette randonnée, il nous explique que ce n’est pas compliqué pour rentrer dans ce temple du savoir. Il suffit seulement de porter les deux prénoms de Mame Diarra et d’être membre d’un « daara » ou association œuvrant pour la même cause. Elle doit aussi être détentrice de carte membre d’un « daara » et avoir un extrait de naissance. « Si toutes ces conditions sont réunies, le centre accueille à bras ouverts la jeune fille », a indiqué le patron dudit centre. Il précise que le nombre de places est limitée car dépendant du nombre de filles qui quittent le centre après plusieurs années de formations. « Parfois, elles sont 300 filles à quitter la même année le centre », a indiqué Madyana Diakhaté, qui révèle que le centre compte 450 Mame Diarra.

Parmi elles, Mame Diarra Dramé. Voilée comme les autres filles du centre, elle est accueillie dans ces lieux en 2014 en provenant du quartier de Guédiawaye dans la banlieue dakaroise. Peu bavarde, la jeune fille se félicite tout de même de la qualité de la formation parce qu’aujourd’hui, elle maîtrise le Coran. Il ne lui reste que deux disciplines pour terminer la mémorisation du saint Coran avant d’entamer le cycle élémentaire. Assise tout juste à côté, Mame Diarra Konaté vit dans ce centre depuis 2012. Elle et les autres Mame Diarra sont logées et prises en charge gratuitement aussi bien au plan alimentaire que sanitaire. Depuis cinq ans, elle ne fait que des études coraniques. Pourtant, dans ce centre, l’on a la possibilité de faire des études élémentaires et la formation professionnelle pour ce qui concerne les métiers de la couture, de la restauration et autres. « Ce sont des parents qui demandent parfois à ce que leurs enfants ne fassent que des études coraniques. Donc, durant toutes les années qu’elles sont ici, elles n’étudient que le Coran », a précisé le Dg du centre. Mame Diarra Konaté se plait sans sa vie au centre où elle s’est faite beaucoup d’amies avec qui elle a partagé pendant beaucoup de choses pendant ces cinq dernières années. Originaire de Touba, capitale du Mouridisme, Mame Diarra Guèye avait proposé aux parents à venir apprendre le Coran dans ce centre. « Je ne regrette rien parce que je maîtrise aujourd’hui le Coran. Mieux, je connais l’histoire de Mame Diarra même si elle n’est pas dans nos programmes ici », a confié la jeune fille qui, comme toutes les Mame Diarra, se préparait à retourner chez les parents pour les grandes vacances. Elles durent deux mois (août et septembre).

Les missions du Centre Mame Diarra

Les missions du centre Mame Diarra de Porokhane sont bien définies. Il s’agit de prodiguer un enseignement religieux aux filles répondant aux prénoms de Mame Diara, mère du fondateur du Mouridisme. Ce centre qui accueille 450 jeunes filles âgées de 6 à 17 ans a besoin de soutien de bonnes volontés pour pouvoir faire face aux charges.

Créé en 2005, le centre Mame Diarra de Porokhane est un patrimoine. Il a trois missions. Il s’agit de prodiguer l’enseignement religieux aux homonymes de Mame Diarra, assurer une formation professionnelle de qualité aux jeunes filles pour qu’elles puissent avoir un métier, après des cours d’initiation à l’école élémentaire. Avec une capacité d’accueil énorme, le centre loge ses pensionnaires, leur dispense des enseignantes, de même que les membres de l’administration, entre autres. « Les filles sont en internat 10 mois sur 12 », a informé le directeur général du Centre Mame Diarra, Madyana Diakkaté. Les 30 enseignants du centre sont chargés d’inculquer le savoir aux Mame Diarra. Ici, la première étape de l’enseignement est consacrée à la mémorisation du Coran. La fille doit apprendre cette matière religieuse entre 3 à 4 ans. « Si l’élève n’a pas bien mémorisé le Coran, nous lui offrons une année de plus », a fait savoir M. Diakhaté. La deuxième étape de la formation est réservée à l’enseignement général. La particularité est qu’ici les jeunes filles font que trois ans pour boucler le cycle élémentaire contrairement à ce qui fait dans le cycle scolaire normal. Elles font deux classes par an. Par exemple : « Ci et Cp se font en une seule année. Les quatre autres classes en deux ans », a précisé le Dg du centre Mame Diarra qui a rappelé que les élèves du centre sont différents des autres. Dans ce centre, les filles reçoivent aussi des formations en couture, teinture et restauration. « Tout cela se fait autour de l’enseignement religieux qui fait partie des modules de formation. Nous avons un programme chargé ce qui fait que les jeunes filles n’ont pas le temps. Elles ne font qu’étudier », a renseigné notre interlocuteur. Informant que les Mame Diarra n’utilisent pas de portables ni d’internet. « Mieux, elles ne regardent pas de télévision pendant l’année scolaire. Elles ne regardent la télé qu’en rentrant chez elles, c’est-à-dire pendant les grandes vacances », a précisé le Dg du centre. Il n’a pas manqué de souligner quelques difficultés liées au fonctionnement de l’école. Elles ont pour nom : les charges. Le centre prend en charge totalement ses pensionnaires. Il dépense 12 millions de francs Cfa par mois. Ces dépenses sont jugées élevées. C’est pourquoi le directeur général compte sur le soutien des bonnes volontés parce que le marabout Serigne Mountaga Mbacké ne peut pas à lui seul continuer à assurer l’intendance. « Cela va de l’entretien des bâtiments au linge des jeunes filles en passant par les salaires du personnel », a indiqué Madyana Diakkaté. Le centre doit aussi entretenir son ambulance acquise pour les évacuations sanitaires des élèves dans les structures de Nioro. La contribution qui est insignifiante des parents des jeunes ne permet pas de régler ces questions. Chaque parent donne 2.000 FCfa comme participation annuelle. L’Etat participe aussi mais les besoins sont tellement énormes.

Passer un nouveau cap

Le centre Mame Diara de Porokhane veut grandir. Son directeur général souhaite acquérir de nouveaux locaux pour augmenter l’offre de formation des filles portant les prénoms de Mame Diara, mère du fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba. « Nous voulons que l’Etat nous aide à construire de nouveaux bâtiments pour accueillir plus de filles. Chaque année nous sommes obligés de laisser les filles partir à l’âge de 16 ans, un moment clé de leur formation », a souligné Madyana Diakkaté. Le centre a signé dans ce sens plusieurs conventions avec des partenaires et l’Etat du Sénégal. « Il attend seulement que les choses bougent pour améliorer les offres de formation et revoir l’âge des filles », a expliqué le Dg du centre. Dans cette perspective, les responsables du centre souhaiteraient que l’Etat mette à leur disposition des enseignants du public pour leur permettre d’avoir le cycle moyen et secondaire. « Ce que nous permettra de retenir les filles jusqu’en classe de terminale. Celles qui réussiront au baccalauréat pourront poursuivre des études supérieures à l’université pour les filières de leur choix mais de préférence l’arabe », a argumenté M. Diakhité.


Auteur: Eugène KALY - Le Soleil






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Commentaire (4)


Anonyme En Août, 2017 (21:29 PM) 0 FansN°: 1
Machaallah, l etat ne devais meme pas attendre pour que ce centre lui demande de l aide. L etat doit aider des centres comme celui la.

Inchaallah quand j aurai des moyens, j irais jusqu a ce centre pour rencontrer le directeur pour les aider.,

Bravo a ce centre et tous les autre centre de ce genre.
Reply_author En Août, 2017 (10:43 AM) 0 FansN°: 1
bac arabe pour def lanne ?
senegal francais lagnoufi diangui ?téy administrassion bi dou lakou narou yefer lagnoufi lakeu ,mais langue silwissé français !
Anonyme En Août, 2017 (22:08 PM) 0 FansN°: 2
pas nécessaire, suffit d'en parlés aux talibes et c'est vite fait.
Anonyme En Août, 2017 (07:31 AM) 0 FansN°: 3
esclaves des familles religieuses, travaillez et aidez vos parents c'est mieux que de suivre ces escrocs de marabouts , ils lavent les cerveaux de vos enfants pour utiliser comme bon leur semble
Anonyme En Août, 2017 (10:41 AM) 0 FansN°: 4
forokh ane haoumeu porokhaane :rigolo:  :rigolo:  :rigolo: 

tankeu yéneu ngui désse sénni dara ,té bagna andi mantalité deumeu jihade rek ,resté entre vous

macky neu surveilé bou bakhhh pour khaam se qui se passe tchi trou perdu bi ,forokh ane  :roadrunner: 

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